Le trompe l’œil
- Marine Sultan
- 26 avr. 2021
- 2 min de lecture
Quand ?
Depuis l’Antiquité, vers 450 avant Jésus Christ
Où ?
Partout
Qui ?
Vile, Georges Rousse, STRØK, Perre Borrell del Caso, Hans Holbein, ou même De Vinci…


Quoi ?
Comme son nom l’indique, le trompe-l’œil est là pour faire croire à une illusion d’optique, un genre d’arnaque visuelle en fait.
En effet, ce procédé vise à vous faire croire à la présence de quelque chose qui n’est pas là. Fausses fenêtres sur les façades de Paris, illusion de relief dans une toile, impression de toit ouvert sur le ciel, le trompe-l’œil se joue de la perspective. Au-delà de l’amusement que peut procurer cette approche, elle permet également d’interroger notre perception du réel.


Ce procédé ne date pas d’hier. Pline l’Ancien décrit, en 77, comment les raisins si parfaits du peintre Zeuxis (464-398 avant J-C) ont attiré les oiseaux. L’histoire ne dit pas s’ils s’y sont cassé les dents, en même temps les oiseaux n’ont pas de dents…
On retrouve ensuite le trompe-l’œil de tout temps, comme à la Renaissance chez De Vinci qui s’intéresse de près à la perspective. De nos jours, les approches les plus plébiscitées, c’est-à-dire les plus à la mode, sont probablement le street-art en trompe-l’œil et l’anamorphose. La première méthode utilise l’environnement urbain pour réaliser une illusion d’optique comme un escalier ou un ravin imaginaire. La seconde méthode utilise une perspective secrète.


L’anamorphose est en fait une œuvre que l’on ne peut appréhender que depuis un point de vue précis. Cette technique a été théorisée dès le XVIIème siècle. On en retrouve un exemple relativement célèbre dans la toile des Ambassadeurs d’Holbein où une tête de mort au sol n’est parfaitement visible qu’en adoptant une perspective en biais. Mais la seule anamorphose qui subsiste en France se trouve dans la chapelle des Jésuites du lycée du Sacré-Cœur à Aix-en-Provence. Elle date du XVIIIème siècle et représente un paysage sur 8m de long qui se transforme en Saint-Pierre lorsqu’on la regarde avec une vue rasante.


Aujourd’hui, il y a deux stars de l’anamorphose : Felice Varini et Georges Rousse. Ces rois de l’entourloupe peuvent vous faire croire n’importe quoi. Ils créent tous deux des œuvres « in situ », qui dépendent de l’endroit où elles sont en termes chic, qui changent totalement votre perception de l’espace. Bon, il faut d’abord trouver le point de vue clé qui permet de découvrir l’anamorphose, sinon ça ne ressemble à rien…


Combien ?
Difficile de coter des artistes allant de De Vinci à Georges Rousse en passant par des street-artistes comme Vile. Rien que les œuvres de Rousse vont de 200€ pour un croquis à 10 000€ pour un cliché d'anamorphose. Bon, du coup vous avez un début de réponse…


Le saviez-vous ?
En 2020, à Boulogne-sur-Mer, l’artiste Gonzalo Borondo a remporté le prix de la plus belle fresque de France. Son œuvre crée l’illusion d’un portail sur un escalier. Fortiche…
Copyrights :
Colonnade en trompe l'oeil, J Pugh, 1986 - DR
Fuyant la critique, Pere Borrell del Caso, 1874 - DR
D Witz - DR
A Gjennestad, Porsgrunn, Norvège, 2013 - DR
G Rousse, Rüsselsheim, 2003 - Adagp DR
Les Ambassadeurs, Holbein -DR
F Varini - DR
De Vinci - DR
G Borondo - Ville de Boulogne-sur-mer DR
Vitrail, R Hunt et E Oudinot - Photo Pierre Selim DR
Vile - DR
Plafond du Château Saint-Georges, A Mantegna - DR
E Relero - DR
Un carré pour un square, JM Albert , Place Fréhel Paris, 1988 - DR