L’estampe
- Marine Sultan
- 23 nov. 2021
- 2 min de lecture
Quand ?
A partir du XVème siècle
Où ?
En Allemagne puis en France, en Chine, au Japon et partout
Qui ?

Quoi ?
Si l’on regarde la définition de l’estampe, à partir d’une matrice. Bon, comme souvent, ça mérite un peu plus de détails…
Pour comprendre facilement ce qu’est une estampe, il faut savoir que ce mot vient de l’italien « stampa » signifiant presse. Concrètement, on grave le dessin sur un support, on y met de l’encre puis on le presse sur du papier. Il existe 4 familles d'estampe : sur bois, sur métal avec notamment le burin et l’eau-forte, sur pierre et à partir d’un écran de soie. Vous voilà experts de l’estampe, ou presque…
Il faut également savoir que l’on distingue une estampe originale, dont le dessin et la planche gravée sont exécutés par un même artiste, de l’estampe d’interprétation que constituent les gravures réalisées à partir de dessins ou peintures d’autres artistes.
Pour ce qui est de l’histoire de l’estampe, c’est un peu plus compliqué. Français et Allemands se sont longtemps disputé la paternité de l’invention de la gravure. Aujourd’hui les spécialistes s’accordent à dire que c’est en Allemagne qu’est née l’estampe. On criera cocorico une autre fois…
C’est donc à l’aube du XVème siècle qu’apparait l’estampe, environ 50 ans avant l’invention de l’imprimerie de Gutenberg. Ce nouvel art se perfectionne rapidement et voit apparaitre les premiers maîtres du genre avec notamment Albrecht Dürer. Au XVIIème siècle, l’estampe est à la pointe de la mode avec de grands créateurs européens tels que Rembrandt mais aussi l’avènement d’artistes de l’ukiyo-e, la gravure sur bois japonaise.
De nouvelles méthodes sont alors inventées pour graver en douceur et Paris devient le centre européen de l’estampe. Une production qui sera largement copiée, mais bon, les Français ont l’habitude d’être source d’inspiration… En toute modestie bien sûr.
Au XVIIIème siècle, c’est l’apogée de l’estampe qui répond aux besoins d’illustration des textes de Molière, La Fontaine, ou encore de diffusion des idées de la Révolution française. Les collectionneurs d’art commencent aussi à s’y intéresser plus sérieusement. L’un des plus grands maîtres du siècle est sans doute Hokusai, notamment connu pour sa Vague.
Au XIXème siècle, siècle de l’image, l’estampe connaît un succès sans précédent avec de nouvelles techniques qui permettent une augmentation du nombre de tirages. On retiendra par exemple les caricatures de Daumier, encore hilarantes aujourd’hui.
Si lorsque l’on pense estampe, on pense souvent aux arts précédant la révolution de l’Art moderne, il faut savoir que cet art n’a absolument pas disparu des radars. On retrouve des gravures chez Picasso, Othoniel, Baselitz, ou encore pour les Marilyn d’Andy Warhol.
Combien ?
Les estampes sont souvent moins chères que d’autres types d’œuvres d’art, le record mondial pour une estampe japonaise s’élève à 745 800€ en 2016 pour L'amour caché de Kitagawa Utamaro. Mais méfiez-vous, lorsqu’il s’agit d’estampes originales de Rembrandt ou Picasso, les prix peuvent tout de même s’envoler.
Le saviez-vous ?
Si vous voulez devenir un expert en estampes, c’est au Musée du Dessin et de l’Estampe Originale à Gravelines qu’il faut vous rendre. Vous y découvrirez des œuvres de Goya, Picasso ou encore Hokusai.
Copyrights :
La Vague d'Hokusai - DR
Le Rhinocéros de Dürer - RMN-Grand Palais / Michèle Bellot
Les Marilyn de Warhol - DR
Caricature de Victor Hugo par Daumier - DR